Vous allez voir que l’histoire de l’Aéropostale est étroitement liée à celle de l’aviation. L’aviation postale n’aurait effectivement pas été possible sans le courage de nos premiers pilotes ! Remontons un siècle en arrière, ou, chaque vol effectué par ses téméraires et amoureux inconditionnés des airs était risqué ! Au passage, Saint-Exupéry, dans son livre intitulé « Vol de nuit », décrit avec émotions les exploits de ces héros du temps passé.

Tout commença…

en 1918, Pierre-Georges Latécoère, jeune entrepreneur français, passionné des airs, imagine une ligne aérienne reliant la France au Sénégal en passant par l’Espagne et le Maroc. Il fonde dès lors la « Compagnie Générale d’Entreprises Aéronautiques ». Par la suite, il exploitera d’autres lignes comme Toulouse-Casablanca, Casablanca-Dakar… Pour l’époque, l’avancée était extraordinaire, toutes les conditions étaient réunies : une situation géographique privilégiée, une usine d’aviation proche et des idées plein la tête !

En 1927, faute de moyens financiers nécessaires à son projet, Latécoère renonce à l’ouverture de la ligne reliant la France au Chili. Et Marcel Bouilloux-Lafont, banquier et homme d’influence, créa alors la « Compagnie Générale de l’Aéropostale », en lui rachetant 93% de la Compagnie Générale d’Entreprises Aéronautiques à Latécoère.

Les exploits dans le domaine de l’Aéropostale, n’ont pas été des plus simples pour ouvrir des lignes aux quatre coins du monde !

Marcel Bouilloux-Lafont choisit Didier Daurat, ancien officier pilote de guerre et pionnier de l’aviation française, pour diriger d’une main de fer les avions et les hommes de sa compagnie. D’autres rejoindront plus tard l’équipe, des grands hommes comme Mermoz, Saint-Exupéry et Guillaumet, des figures légendaires de « l’Aéropostale » !

« Il faut y aller, il faut passer », les mots d’ordre de Didier Daurat. Son objectif premier ? La « mystique du courrier », y aller à tout prix, passer coûte que coûte, peut importe les risque encourus, la mort de 100 pilotes, c’était pour la bonne cause, la sienne : « le courrier ! ». C’était l’Atlantique-Sud qu’il visait ! Toujours plus loin, plus vite.

C’est un autre, qui ouvrira l’Amérique du Sud à l’Aéropostale !

Le 11 Mai 1930, le « Latécoère 28 » équipé d’un moteur espagnol et d’excellents flotteurs, traversa l’Atlantique Sud ! A son bord, 3 hommes : aux commandes Jean Mermoz, à la Radio, Jimmier, et le navigateur Jean.Dabré, une équipe de choc ! Jean Mermoz est un homme d’exception, capable d’affronter toutes les difficultés, doté d’un sens de l’équipe, qui amène les personnes qui le côtoie à sans cesse se surpasser. Avec Guillaumet, un autre grand pilote, il fit plusieurs vols de Buenos-Aires à Santiago, mais en Juin 1930, lors d’un  énième passage dans la Cordillère des Andes, Guillaumet s’écrasa, seul sur la paroi rocheuse ! Perdu en pleine montagne, sans point de repère,  il marcha pendant des jours, dans un froid glacial. Lorsqu’il fut sauvé, la première phrase qu’il dit  fut : « Ce que je fais, aucune bête au monde ne l’aurait fait ». Téméraire et passionné des airs, il survolera à nouveau 393 fois la Cordillère des Andes !

L’Aéropostale en difficulté…

On dit souvent que tout à une fin… En février 1931, treize années seulement après le début de « l’Aéropostale », et malgré un bilan positif : avec 3 millions de kilomètres parcourus dans l’année, 300 voyages effectués entre la France et l’Argentine, 25 états européens, africains et Sud-américains qui utilisent les services de la compagnie et 32 millions de lettres transportées… l’Aéropostale se portait mal !

A l’aube du 1er Mars 1931, malgré d’excellent résultats, l’Aéropostale est mise en liquidation. Les causes ? Crise économique de 1929 « Octobre noir », refus du monde politique français à vouloir soutenir la compagnie, sans oublier la concurrence qui se développait à vitesse grand V…

Dernier triomphe pour Jean Mermoz : « Ouverture de  l’Amérique du Sud à l’Aéropostale ».

En 1933, Mermoz ouvre l’Amérique du Sud à l’Aéropostale. Arrivée à Buenos-Aires, il est acclamé, Paris à son retour lui réservera le même un accueil.

Antoine de Saint-Exupéry occupa le poste de responsable de la ligne Amérique du Sud. C’était un grand pilote, qui vivait l’action, la vraie, dans chacun de ses vols. Même si nous le connaissons d’avantage comme écrivain, dans : « Vol de nuit », « Terre des hommes », « Courrier Sud »… il puise ses mots grâce à ses expériences de la ligne. Tout ce qu’il vivait, il le retranscrivait, tenez, dans « Terre des hommes », il écrivit : « La Terre nous en apprend plus long sur nous que tous les livres, parce qu’elle nous résiste. L’homme se découvre quand il se mesure avec l’obstacle ».

Air France first one !

En Octobre 1933, l’Aéropostale fusionna avec les 4 autres compagnies se disputant le marché à l’époque, ce qui donna naissance quelques mois plus tard la S.A Air France !

De son côté, Marcel Bouilloux-Lafont mourut seul et ruiné quelques années plus tard. Le 7 décembre 1936, Mermoz repartit pour la 24ème fois, faire une ultime traversée de l’Atlantique-Sud. Malgré ses hautes fonctions d’inspecteur générale chez Air France, il voulait continuer à voler ! C’était son dernier vol… c’est en plein milieu de l’Atlantique qu’il périt.

Soixante ans plus tard, en 1991, les groupes Air-France et La Poste sont toujours propriétaires de l’Aéropostale, qui ne s’est jamais portée aussi bien ! Un grand bravo à tous ces hommes exceptionnels, ces génies de l’air, sans qui, l’Aéropostale ne serait pas ce qu’il est aujourd’hui.

Pour voyager plus loin :


Par Jessie, le mercredi 23 janvier 2013

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