Il y a tout juste 55 ans, le 3 novembre 1957, la chienne Laïka devient le premier être vivant à aller dans l’espace. Qui était-elle ? Une petite chienne bâtarde, d’environ trois ans, trouvée par hasard dans les rues de Moscou de l’ex-URSS ! Son nom fit débat au départ : Koudryaka, heu Zhoutchka, non ! Limontckik… Trop compliqué à prononcer ! ça sera finalement Laïka, signifiant « aboyeur » en russe. Elle était douce, docile, et dotée d’une très grande loquacité, une race à mi-chemin entre le husky et le terrier.

Mais pourquoi avoir envoyé la chienne Laïka dans l’espace ?

Pour des raisons pratiques mon cher Watson ! En effet, elle prend moins de place en cabine qu’un homme, et pour uriner madame n’a pas besoin de lever la patte !

Qui a commandité cette mission ?

L’URSS. Avec quel engin spatial ? Spoutnik 2, quelques temps après le lancement du premier satellite artificiel Spoutnik 1 ! Ce fut un tel succès, que les soviétiques voulaient absolument réitérer l’expérience avec un être vivant cette fois, mais surtout, épater les américains comme toujours !

C’est donc le 7 novembre 1957 que Spoutnik 2 aurait dû décoller ! Pourquoi cette date ? Pour commémorer le 40ème anniversaire de la révolution bolchevique : c’est finalement quelques jours plus tôt qu’il décolla…

Peut-on nous en dire plus sur Spoutnik 2 ?

Similaire à Spoutnik 1, elle est en plus dotée d’une capsule pressurisée spécialement conçue pour recevoir la chienne Laïka. Encore plus ingénieux ! Elle était allouée d’un équipement à multiples capteurs, compétent pour donner à manger, à boire et de l’oxygène à l’animal. Encore plus surprenant, sa température et son rythme cardiaque pouvaient être suivis de près ! Ils sont prévoyants ces Russes !

Elle ressemblait à quoi cette capsule ? Une forme de cône de 4 mètres de haut et seulement 2 de large : un homme n’aurait pas eu la place d’y séjourner ! Habituer la chienne Laïka à rester confinée dans un si petit espace ne s’est pas fait en un jour : des semaines de préparation… Elle fut placée dans des cages de plus en plus petites pour l’habituer à un espace restreint, puis dans des centrifugeuses pour simuler l’accélération de l’appareil pendant le vol, enfin on l’entraîna à consommer un gel nutritif pour se nourrir, et à porter la tenue du cosmonaute. Ouf, les pattes et la queue pouvaient respirer ! Oh je vous vois venir avec votre question : comment faisait-elle ses besoins ? Pas d’inquiétude,  Laïka avait un petit réservoir prévu à l’arrière ! Ils ont pensé à tout !

Prêt pour le décollage Laïka ?

L’heure du grand départ arriva. la chienne Laïka fut pouponnée, toilettée, branchée à des électrodes afin de mesurer et d’observer tous ses faits et gestes ! Laïka s’envola à plus de 28 000 km/heure : augmentation du rythme cardiaque, le stress et la panique s’empara d’elle… Une fois en apesanteur, il lui fallut 3 bonnes heures pour s’en remettre. 7 heures plus tard, tout là haut, la température s’éleva anormalement aux alentours de 41°C. Stress, chaleur et déshydratation ont eu raison d’elle… Laïka mourut. Cinq mois plus tard, le 14 avril 1958 Spoutnik 2 se désintégra intégralement dans l’atmosphère, avec à son actif près de 2570 tours autour de la terre.

La mort de la chienne Laïka marqua le début d’une terrible guerre : celle de l’utilisation des animaux dans les projets pour la science… Ce n’est que 20 ans plus tard, en 1998 que le responsable de la mission Spoutnik 2, Oleg Gazenko, émit ses premiers regrets…

Une expérience marquante, qui apporta aux soviétiques les renseignements nécessaires pour envisager plus tard des vols par les humains ! Sur les 13 chiens envoyés dans l’espace entre 1957 et 1966, seule Laïka avait été envoyée sans aucun espoir de la retrouver : une mise au point mal muselée dira-t-on !

Pour voyager plus loin :


Par Jessie, le mardi 6 novembre 2012

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