A la mort d’Alexandre le Grand en 323 avant J.C., l’empire de Babylone fut partagé entre ses généraux et Ptolémée s’empara de l’Égypte et Antigone de l’Asie Mineure. Au milieu de ces deux territoires puissants se trouvait l’île de Rhodes. Ses habitants se lièrent à l’Égypte de Ptolémée. Fous de rage, les antagonistes d’Asie mineure attaquèrent l’île avec une flotte colossale. Et là, contre toute attente, les Rhodiens remportèrent cette victoire haut la main ! Ils décidèrent donc d’ériger un gigantesque colosse de bronze en l’honneur d’Hélios, le Dieu du soleil, plus communément appelé : le Colosse de Rhodes.

Qui était Hélios ? Un Dieu de la mythologie étroitement lié à Apollon ; le Dieu de la lumière, de la vérité et de la divination.

A cette époque, de nombreuses statues de bronze étaient réalisées sur l’île ; le travail du bronze était une des principales activités de Rhodes. Les insulaires le produisaient en masse, puis l’exportaient vers la Grèce et l’Italie. Mais le Colosse de Rhodes allait être de loin, la plus grande de toutes les constructions qui avait avaient été réalisées jusque-là. Il fallait bien cela pour symboliser le souvenir de la résistance victorieuse dans la ville de Démétrios !

C’est au célèbre sculpteur Charès qu’avait été attribuée la réalisation de la statue de bronze d’Hélios. On raconte qu’à l’origine, la statue devait mesurer 16 mètres, mais les Îliens exigèrent qu’elle fasse le double !

Charès se mit donc à l’œuvre…

Un homme expérimenté qui savait parfaitement manier le bronze. Sa mission s’annonçait complexe, personne jusque-là n’avait jamais réalisé une statue de bronze de cette taille ! La fabrication se fit sur place : travailler le bronze n’était pas simple, de plus à cette époque, dépourvue d’informatique et autres nouvelles technologies, il était impossible d’imaginer le rendu. Il fallait globalement attendre le travail achevé pour se donner une idée de la chose. Sa construction fut longue et laborieuse, le colosse était constitué d’une structure en bois de très bonne qualité. Une fois mise en place et lestée grâce à des pierres, la structure de la statue fut recouverte avec d’immenses plaques de bronze chauffées faisant à elles seules, plus de 225 tonnes. La fonderie de l’île de Rhodes ne suffisait pas à assurer tous les besoins en bronze, Charès fit donc appel à d’autres entreprises aux alentours.

Un travail époustouflant pour l’époque !

Après 12 et longues années de travaux, la statue d’Hélios pouvait enfin surplomber le port de Rhodes en Grèce. Mais lorsqu’on agrandit une structure, n’est-il pas primordial de se demander : comment va-t-elle tenir ? Car ce qui fonctionne à petite échelle, ne fonctionne souvent pas à plus grande échelle : vulnérabilité au vent, séisme…

Pourquoi est-ce une merveille Antique ?

Le Colosse de Rhodes intégra le classement des sept merveilles du monde grâce à son immensité et l’ingéniosité déployée pour le réaliser. Il faut bien comprendre que cette œuvre grecque est le fruit d’un très grand savoir-faire, qui se définit entre autres, par l’utilisation de moules en terre cuite, nécessaires au coulage de la statue. La préparation de cette construction a dû être un véritable casse-tête. Il paraît même que Charès de Lindos mît fin à ses jours lorsqu’il remarqua une erreur dans ses calculs, erreur que corrigea l’un de ses assistants.

Morale de l’histoire, la statue de bronze d’Hélios résista 66 années ! 12 années de travaux, pour 66 années de vie, le ratio est faible… c’est par un tremblement de terre, ensevelissant plusieurs centaines de maisons sur son passage que le Colosse de Rhodes disparût. Tous finirent par oublier à quoi il ressemblait… A la Renaissance, le premier artiste à avoir dessiné les 7 merveilles représenta la statue d’Hélios avec les jambes écartées, surplombant le port, théorie douteuse avec le poids des jambes écartées : la statue serait tombée par manque de stabilité. Peu importe, l’image d’Hélios enjambant le port resta à jamais dans les mémoires…

Plus de 2 000 ans après sa destruction, Auguste Bartholdi réalisa la Statue de la Liberté, et fit appel à Mr Eiffel pour le seconder. Pour éviter de reproduire les erreurs de Charès, ils introduisirent : des pylônes métalliques en guise de squelette, puis une enveloppe de cuivre pour tout fixer, un procédé révolutionnaire, assurant à la statue une stabilité éternelle !

Pour voyager plus loin :


Par Jessie, le mercredi 15 mai 2013

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.