Plantons le décor : une guerre sur fond sonore de « Buffalo Springfield », opposant le Nord et le Sud ; les communistes et les non-communistes. Une terrible guerre, un bilan humain lourd, une génération marquée à jamais… et une route, pilier central de ce théâtre sanglant. Je suis sûre que vous aviez reconnu la guerre du Viêt-Nam mais connaissez-vous la route Hô Chi Minh ?

La route Hô Chi Minh, la colonne vertébrale du Viêt-Nam

La piste Hô Chi Minh n’était pas une voie unique, mais plutôt un ensemble de routes et de sentiers, empruntés par les forces militaires pendant la Guerre du Viêt-Nam (appelée 2nd Guerre d’Indochine) de 1964 à 1975. L’objectif ? Relier la République démocratique du Viêt-Nam à la zone du Sud ; Laos, Cambodge… essentiellement pour le ravitaillement des forces rebelles luttant contre les forces américaines. Cette route était une vraie toile d’araignée : un réseau élaboré de voies de différentes tailles à travers les montagnes, la jungle… d’une longueur totale de 2 000 km. Une route construite par 300 000 militaires permanents, tout corps de métiers confondus ; des jeunes femmes volontaires, des fermiers, des travailleurs locaux… ils travaillaient tous ardemment avec patriotisme contre un supplément de nourriture.

La piste Hô Chi Minh, bien plus qu’une route …

La plus connue de la Guerre du Viêt-Nam, elle été également appelée « piste Truong Son », le développement de celle-ci fut décidé par la commission militaire du Comité central du Parti communiste vietnamien le 19 mai 1959 à Hanoï. L’objectif comme je vous le disais un peu plus haut était de ravitailler en armes et en vivres la résistance au Sud.

Durant les premières années, le transport s’est fait par portage et sur des bicyclettes pouvant porter une charge de près de 500 kg, poussés par les « Cong Dan », les travailleurs civils, qui ravitaillaient les combattants. Peu à peu, les camions soviétiques prirent enfin le relais, ce qui simplifia la tâche…

La route se modernise !

En 2001, le gouvernement communiste décida de redonner un coup de jeune à la piste des héros de la Guerre, sous forme d’un nouvel axe, afin d’attirer les populations des plaines surpeuplées. Tout fonctionne par trois vous allez voir : un projet de 300 millions d’euros, où ont travaillé 300 000 ouvriers pour bâtir 300 ponts, sur 3.264 km de long. Un axe gigantesque qui relie la ville de Pac Bo au Nord jusqu’au Sud du pays. La fin des travaux est prévue aux horizons de 2020. Avec cette construction, le gouvernement vietnamien tente de prouver au monde entier que le Vietnam peut lui aussi être un pays moderne. L’attrait touristique est aussi une des causes de ce projet : une gigantesque jungle, des réserves naturelles, des montagnes à perte de vue… de quoi donner envie aux voyageurs curieux et inconditionnels amoureux de la nature d’y venir.

Le problème est, qu’en modernisant, et en repoussant toujours plus les frontières, pour gagner du temps, le tracé actuel déloge des populations villageoises et entraîne irrémédiablement une déforestation massive. Des environnementalistes engagés tentent de faire réagir le gouvernement vietnamien, en lui montrant par A plus B, que l’autoroute qu’il construise, va passer sur ou près d’une dizaine de régions protégées, comprenant le premier parc national vietnamien dans le nord, ainsi que la réserve naturelle de Phong Nha dans la province centrale de Quang Binh. Technologie/ environnement, une bataille qui ne date pas d’hier…

Pour voyager plus loin :


Par Jessie, le jeudi 21 mars 2013

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