Elle suit l’itinéraire qu’emprunta l’empereur Napoléon, de retour de l’île d’Elbe, en 1815,  où il fut souverain moins d’une année. A sa manière, il dynamisa son petit royaume : il le modernisa, fit construire des routes, des ponts, un hôpital… il développa même les carrières. Une période prospère ou l’emploi battait son plein ! Son objectif ? Accroître toujours plus les ressources.

Napoléon était-il vraiment disposé à séjourner dans ce royaume prospère ? Peut-être avait-il besoin de réaliser d’autres défis ?

Mois d’un an plus tard, il fit connaître ses intentions de départ à ses proches. Napoléon, n’avait plus qu’une seule idée en tête : reconquérir Paris, et s’asseoir de nouveau sur le trône, peu importe les efforts qu’il lui fallait réaliser ! C’était un homme de poigne au caractère despotique.

Maintenant que vous savez pourquoi il lui fallait rejoindre au plus vite Paris, la seconde question sera très certainement ; comment et avec qui ?

En route pour la « Route Nationale 85 »

Avec ses troupes : 7 navires, 1200 hommes. Comme je vous le disais, rien ne lui faisait peur, il était prêt à tout pour obtenir ce qu’il voulait ! C’est à pieds qu’il décida de rejoindre Paris : un périple de 7 jours, pour parcourir environ 300km, cela nous fait une moyenne de 43km journaliers.  Entre mer et montagne, voilà un parcours qui est entré à jamais dans l’Histoire.

Hormis, le froid et leurs équipements hasardeux, ils avaient au cours de ce voyage une difficulté de taille : les grandes villes de la région étaient à l’époque, fidèles au roi Louis XVIII. Il fallait donc que Napoléon et sa troupe empruntent des hauts chemins de montagne, avec des dénivelés importants, un froid pénétrant, le tout, chargés comme des mulets !

Un parcours ponctué d’étapes…

La reconquête du pouvoir commença avec la traversée des Alpes du Sud, c’est dans la ville de Golf Juan que Napoléon débarqua avec ses hommes. Le 2 mars 1815, ils se dirigèrent vers Antibes, Grasse, puis la vallée du Ventron et celle de la Bléote : moyenne montagne, au relief très bas, très boisée, l’hiver était de plus en plus rude, les hommes étaient mal équipés, ils avançaient dans des conditions extrêmes, avec toujours le même objectif en tête : Paris ! L’aventure se poursuivit par la Vallée de la Durance, marquant le début de longues marches en altitude, les paysages montagneux s’installèrent progressivement ; les habitations disparaissaient pour laisser place à la nature, qui reprenait ses droits. Avec leurs 50kg sur le dos,  leurs équipements rudimentaires, et la fatigue qui s’accumulaient, Napoléon et ses hommes peinaient à monter… mais continuaient encore et toujours.

Ils arrivèrent ensuite, dans le village de Sisteron. Aux abords de sa citadelle, en plein cœur de la ville, Louis XVIII voulu attaquer avec sa garde. En vain, désarmé de poudre à canon, il se résigna…

A partir de Sisteron, Napoléon et ses troupes quittèrent le Sud et la Provence. Ils remontèrent plus au Nord : début des cols et des vallées… reliefs de la Drôme, les routes étaient enlacées, et l’hiver, lui, de plus en plus vigoureux. Vint enfin le plat, pour une pause dans la vallée du Champsaur, une route plate et rectiligne de 30km, quel bonheur pour ces grands marcheurs : du plat !

Petite anecdote : un évènement unique chaque année a lieu dans la vallée du Champsaur : de fervents montagnards effectuent l’ascension du vieux Chaillol ; 4 heures de marche pour atteindre 3400 mètres d’altitude. Une expérience unique, un défi plus que physique, pour rendre hommage à leurs ancêtres, qui traversaient ces montagnes dans le froid, et dans d’extrêmes conditions. Aujourd’hui, la montée se fait dans la joie et la bonne humeur !

Reprise du parcours… c’est en Isère, au Massif du Dévoluy, que le 7 mars 1815, les hommes de Napoléon et les troupes royalistes  envoyées par Louis XVIII se firent face. L’Histoire dit que Napoléon s’est avancé devant ses ennemis pour s’exclamer : « S’il est parmi vous un soldat qui veux tuer son empereur, me voici ! » Face à ses mots, les troupes de Louis XVIII auraient baissé leurs armes et se seraient ralliées à leur empereur. On nomme aujourd’hui cet endroit : « Le lieu de la rencontre », une statue à son effigie y trône.

C’est à Grenoble qu’ils se trouvaient le 7ème jour de leur expédition. D’ici, ils pouvaient se rendre plus rapidement à Paris. Le retour sur le trône fut bref, 100 jours plus tard, la défaite de Waterloo scelle à jamais le destin de Napoléon. Il prit alors le chemin de l’exil… pour Sainte-Hélène.

De cet épisode marquant de l’Histoire de France, reste une trace visible : la Route Napoléon.

Depuis, elle fut quelque peu modifiée au gré du temps, mais elle reste cependant la route préférée des passionnés de deux roues. Chaque année, des groupes de motards s’y donnent rendez-vous pour parcourir ses 314 km de long. Un voyage unique, au cœur des vallées, des lacs et des montagnes, des couleurs toutes plus surprenantes… une ode au voyage !

Pour voyager plus loin :


Par Jessie, le mardi 19 mars 2013

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