A la fin du XVIème siècle, les deux empires puissants qu’étaient l’Espagne et le Portugal se passionnaient pour les conquêtes de nouvelles terres. L’objectif ? Posséder un maximum de nouveaux territoires, et acquérir des épices, une denrée rare et très prisée à cette époque. Le tour du monde de Magellan allait ainsi changer le cours de l’Histoire.

Remettons-nous dans le contexte. Au XVIème siècle la carte du monde était encore mal maîtrisée, la circonférence de la Terre n’était estimée qu’à 11.000 kilomètres, soit 30.000 de moins que les estimations actuelles. Deux grands navigateurs de l’époque avaient déjà découvert des territoires : Christophe Colomb, avait atteint l’Amérique en 1492, et Vasco de Gama l’Inde cinq ans plus tard en 1497. Cependant, de nombreuses terres restaient encore inexplorées…

Le tour du monde de Magellan, un voyage épicé !

Personne n’y croyait, car à cette époque, arpenter les mers représentait une véritable folie ! C’était partir en territoire inconnu sans mesurer pleinement les dangers. De plus, les bateaux n’étaient pas ce qu’ils sont aujourd’hui, la conservation des denrées était difficile… Un homme a pourtant voulu relever le défi ! Son nom ? Fernand de Magellan ! Ce qu’il cherchait ? La « Route des épices », celle de la fortune. Ne trouvant pas d’appui au Portugal, c’est au service de l’Espagne qu’il chercha refuge. Le roi de l’époque, Charles Quint, lui fournit cinq vieux navires pour accomplir son voyage. Ce n’est pas moins de 241 hommes de nationalités différentes qui embarquèrent sur le « Victoria » ! Le rêve que préparait Magellan depuis 5 longues années devenait enfin réalité.

Le tour du monde de Magellan n’était pas un objectif en soi. Non ! C’était aux Moluques, à l’Est de l’Indonésie qu’il souhaitait aller pour ramener des épices, en passant par une autre route que l’Océan Indien, occupée à cette époque par les Portugais. C’est l’océan Pacifique qu’il visait. Jamais personne ne s’était encore risqué dans une telle expédition, un projet à la fois ambitieux et complexe, car il n’existait aucune carte ou itinéraire précis. Comme le dit si bien le romancier dramaturge Stefan Zweig dans l’autobiographie retraçant le tour du monde de Magellan :


« La somme des obstacles qu’un homme surmonte en pareil moment, donne toujours la mesure véritable, exacte, de l’œuvre et de celui qui l’a accomplie. »


Mais qui était vraiment Fernand de Magellan? Un homme d’action, doté d’une pugnacité hors du commun, il n’avait peur de rien et ne redoutait personne. Une réputation d’un vrai soldat, il aimait prendre des risques, se battre pour ses convictions –  une qui l’attisait plus que tout : la gloire, celle qui rime avec pouvoir !

Une aventure qui réservait bien des surprises…

Le 20 septembre 1519, la flotte de Magellan quitte l’Espagne pour faire une première escale dans la baie actuelle de Rio de Janeiro. Plus tard vers le Sud, l’équipage se trouva rapidement confronté à une multitude de chemins possibles devant eux et à un hiver des plus rigoureux. Erreur de trajectoire ? Des jours et des jours d’incertitude devant eux, plusieurs longs mois passèrent sans voir âme qui vive, ni territoire. L’expédition fut rapidement menacée, l’équipage souffrait du froid, de la faim, ils n’avaient nul part où jeter l’encre. Bilan ? Mutineries, naufrage d’un des navires, le Santiago partit explorer une île voisine.

Quelques mois plus tard, ils atteignirent une large baie de plusieurs centaines de kilomètres aux courants violents où des mutineries reprirent. Une partie de l’équipage du San-Antonio décida de repartir vers l’Espagne. Les trois navires restants trouvèrent rapidement l’ouverture sur une nouvelle mer. Avaient-ils découvert le couloir vers l’Orient, l’océan Pacifique ? Magellan en était intimement convaincu, il nomma d’ailleurs ce long détroit le « cap désiré », un clin d’œil aux longs mois passés à le chercher ! Une longue traversée les attendait pour rejoindre l’autre continent, mais en avril 1521, le tour du monde de Magellan prit fin : il perdit en effet la vie au cours d’un affrontement avec des populations locales.

L’équipage prit cependant le relais, le Victoria et le Trinidad atteignirent victorieusement l’archipel des Moluques. C’est chargés d’épices, comme le souhaitait Magellan, que les deux navires reprirent la route dans deux directions différentes. Le Trinidad s’échoua rapidement en retraversant le Pacifique, alors que le Victoria décida de rejoindre l’Espagne par l’océan Indien. Victoire pour le Victoria ! Le 6 septembre 1522, après trois longues années de traversée, de craintes, de pertes en hommes, les survivants rejoignirent enfin l’Espagne. Une traversée exceptionnelle d’un océan immense, inconnu de tous, une des plus grandes découvertes de l’Histoire de la navigation qui apporta incontestablement la preuve qu’il est possible de faire le tour du monde par la voie maritime ! Une expédition qui bouleversa les connaissances : les découvertes du tour du monde de Magellan prouvèrent aux Pères de l’église que la Terre n’était pas plate mais bien ronde, et que l’on peut en faire le tour !

Après ce voyage, les cartes géographiques se sont redessinées, affinées. Grâce à la découverte de nouvelles terres, comme les Philippines ou la Patagonie, de nouvelles routes commerciales encore insoupçonnées se sont créées, sans oublier la plus grande des découvertes : l’océan Pacifique qui relie les continents asiatique et américain. Même si le tour du monde de Magellan a incontestablement changé la face du monde, perfectionné les connaissances géographiques, et permit la découverte de nouvelles populations, il faudra attendre la fin du XVIIIème siècle avec l’expédition de la Pérouse, pour que l’Océanie soit enfin découverte.

500 ans ont passé… le tour du monde de Magellan est-il dépassé ?

Grâce à ces courageux aventuriers qui ont figé la mappemonde, narrés sous forme de récits leurs nombreux voyages, le tour du monde s’est aujourd’hui « démocratisé ». Leurs épopées ont donné lieu et place à des compétitions nautiques telles que « le Vendée Globe », la Route de Rhum, la Transat anglaise, le Trophée de Jules Verne, tantôt en solitaire, en équipe, en monocoque…

Une chose est sûre, les dangers ne sont plus les mêmes, ils sont plus… maîtrisés !

Grâce à quoi ? Une avancée technologique des moyens de transport, des matériaux et des techniques à la pointe de l’excellence, qui permettent aujourd’hui de réaliser les meilleurs prouesses et aussi, de battre Jules Vernes et son voyage en 80 jours.

A chacun son tour du monde !

Aujourd’hui, réaliser un tour du monde est devenu beaucoup plus simple : en bateau, en avion, en train, en voiture, à la nage ou bien à vélo : à chacun son tour du monde idéal ! L’objectif de « conquête de territoires » d’antan s’est peu à peu modifié aujourd’hui en volonté de découvrir des pays, des cultures, des populations locales. C’est tout simplement le dépaysement que les voyageurs recherchent. Les nouvelles technologies comme les GPS, les téléphones, les moyens de transport ont eux aussi grandement facilité le voyage. Aujourd’hui on voyage seul, en couple, avec des enfants…

Pour Annie et Stéphane, récemment interviewé par MixCity, c’est en caravane, en famille, qu’ils ont parcouru  sur 4 ans les 5 continents. Leur idéal du voyage ? Écrire, vivre le moment présent, et sans cesse découvrir et s’émerveiller de ce qu’ils voient ensemble.

Les Globes dreamers, Céline et Jean-Baptiste, voyagent avec leur mascotte, une petite peluche nommée « Magellan », hasard ou clin d’œil au navigateur ? Ce qu’ils aiment, c’est voyager pour faire rêver les enfants. En partenariat avec des écoles, ils partagent toutes leurs étapes avec les enfants, avec pour fil conducteur :  » le rêve  » !

Claire et Guillaume aiment parcourir le monde comme bénévoles pour des associations. En contrepartie, ils demandent le gîte et le couvert ! Sénégal, Bolivie, l’île de Pâques… pour eux, voyager c’est échanger et partager au quotidien. C’est en mode « écolo » qu’ils voyagent, souvent en cargo, de cette manière ils soignent leur empreinte écologique.

En 500 ans les progrès en matière de transports ont été surprenants, et ne cesseront jamais je pense de nous étonner. Mais à votre avis, que dirait Fernand de Magellan d’un  voyage sur la Lune ?

Pour voyager plus loin :


Par Jessie, le vendredi 18 octobre 2013

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