Les axes d’échanges commerciaux étaient innombrables au Moyen-âge. Concentrons-nous sur les « Routes du sel », qui permettaient l’acheminement des récoltes de sel vers les contrées les plus isolées. Un peu plus tard, sous l’empire Romain, « l’exploitation commerciale du sel » vit le jour. Dès lors, les routes du sel constituèrent un étonnant réseau de communication, qui allait s’étendre encore… et toujours plus.

Les Routes du sel au fil des pays.

Pour la petite histoire, au Moyen-âge, en France, le sel faisait l’objet d’un monopole royal, qui était entreposé dans les greniers. La population l’achetait taxé en petite quantité ; c’est ce qu’on appelait la « gabelle du sel » ; un impôt indirect prélevé sur des produits industriels ou agricole.

Par la suite, le sel est devenu une monnaie d’échange courante, que dis-je incontournable, le plus gros commerce national de toute l’Europe.  Il était échangé contre des denrées agricoles ou des animaux : chèvres, moutons, céréales, beurre, miel. Plus tard, de nouveaux produits firent leur apparition sur les marchés mondiaux ; le sel fut alors échangé contre du café, de l’ivoire, du musc, de la cire ou bien des peaux brutes.

Aujourd’hui, nous l’utilisons comme condiment, pour saler un plat, cuire une viande, un poisson, un foie gras… mais à l’époque, dépourvu de congélateur, et autres appareils technologiques, les gens s’en servaient pour conserver la viande, se protéger du froid et de la déshydratation.  Dans ces pays reculés, le sel était encore plus essentiel qu’ailleurs : sans lui ; pas de salaisons, pas de conservation des viandes ni des fromages et pas de tannage des peaux.

En Europe, les routes du sel n’étaient pas que terrestre, elles étaient sous forme de voies navigables. Les sauniers chargeaient leurs cargaisons sur des radeaux et voguaient au fil des cours d’eau afin d’alimenter les villes à l’intérieur des terres.

En Pologne, de vastes territoires intérieurs étaient dépourvus en sel. Pour s’approvisionner,  les paysans extrayaient le sel… du sol ! Ce pays est célèbre pour ses mines de sel et plus particulièrement, les mines de sel royales de Wieliczka. Nous reviendrons une autre fois sur ce joyau classé au Patrimoine Mondial de la Culture de l’Unesco.

En Italie, la route du sel était composée d’antiques parcours terrestres et navigables.
Pourquoi pas une seule ? Les marchands avaient  leur propre sentier pour acheminer les marchandises (laine, armes, etc.) vers la mer, et remonter le sel vers l’intérieur des terres.

En Afrique c’était le temps de la « Route de la soie » et de sa sœur jumelle la « Route du sel et de l’or » qui reliaient l’Afrique de l’Ouest à la mer Méditerranée. Au XIVe siècle Tombouctou était un carrefour important sur la route du sel, une Route qui fit la prospérité de cette ville ! Tombouctou était nommé « la perle du désert » ; la beauté des ses mosquées et autres édifices attiraient les voyageurs du monde entier. La traversée de la Route se faisait par le désert du Sahara ; à dromadaires ; des animaux résistants aux températures les plus extrêmes, qui pouvaient transporter jusqu’à 6 barrettes de sel, soit une trentaine de kilos chacun.

Ce temps est bel et bien révolu, aujourd’hui l’ancienne et mythique Route du sel de Tombouctou, s’est peu à peu transformée en route de la poudre… celle de la cocaïne ! Un business des plus fructifiant. Tombouctou est devenu la plaque tournante de la drogue et autres trafics. L’insécurité régnante, à totalement fait chuter le tourisme d’une ville si populaire autrefois. L’UNESCO à d’ailleurs inscrit la ville dans son patrimoine mondial de l’humanité juste avant que les rebelles ne détruisent tout sur leur passage.

Pour voyager plus loin :


Par Jessie, le vendredi 15 mars 2013

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