Des siècles durant, la mer Morte fut considérée comme une terre maudite. La donne changea dans les années 1930 ; la « malédiction de la terre salée » s’est peu à peu  transformée vous allez voir, en une véritable bénédiction ! Elle est le point le plus bas de la planète, se situant à 423 mètres au-dessous du niveau de la mer. Un lac salé du Proche Orient, que se partagent l’Israël, la Jordanie et la Cisjordanie. Le plus grand site thermal naturel au monde, enveloppé de paysages étonnants, composés de gorges et de falaises d’une rare beauté, et d’une faune et une flore plus étonnantes que jamais.

Un écosystème unique

Un écosystème aquatique qui n’existe nul part ailleurs ! Le sodium, le bromure et le magnésium sont en quantité démultipliée, et permettent aux minéraux de se développer : sur 21 minéraux recensés, 12 sont seuls à vivre ici ! Un demi-milliard d’oiseaux migrateurs survolent la mer Morte à chaque printemps, à la recherche d’un lieu de repos paisible dans les oasis du désert, sur le chemin de l’Afrique et de l’Europe. La région abrite également des animaux comme le bouquetin du désert et le blaireau de montagne.

Une eau curative, un lieu idyllique

L’oxygène y est pur, la pollution inexistante, l’air environnant du meilleur cru qui soit. Ça vous fait rêver, n’est ce pas ? La mer Morte ressemble d’avantage à un lac salé, qu’un océan, il n’y a pas l’ombre d’une vague, ni algue, ni poisson. Mais alors, qu’y a-t-il ?  Ses 33% de salinité lui permettent d’abriter une multitude de micro-organismes et de minéraux très rares, auxquels s’intéressent bon nombre de scientifiques pour leurs vertus curatives pour les maladies comme le cancer. C’est d’ailleurs parce qu’elle est si salée, qu’elle tire son nom de «mer Morte», on n’y nage pas, on y flotte… paisiblement.

Les gens viennent du monde entier prendre leurs bains de jouvence dans cet immense lac salé, à hauteur de dix fois celle des océans. Les touristes, mais aussi les habitants de la région y font leurs baignades de bienfaisances, réputées pour soigner le psoriasis et les rhumatismes. Flotter, se relaxer, mais attention à ne pas s’éclabousser, car le moindre contact de l’eau avec les yeux est aussi brulant que l’acide ! Le conseil d’un secouriste de la plage : « Ne vous baignez pas dans ses eaux après 17h00… le vent qui se lève, vous emporte loin, très loin. Et en tentant de revenir, vous risquez de paniquer et de vous noyer en avalant la tasse… »

Triste constat que celui-ci… Si nous ne réagissons pas maintenant, en 2050, la « Lourdes du Moyen Orient» ne sera plus qu’un… souvenir.

En quarante ans, la mer Morte a perdu le tiers de sa superficie, un dessèchement croissant d’un mètre par an, qui éloigne de plus en plus la mer, de son rivage originel. Le rivage ressemble déjà à un gigantesque gruyère, composé d’énormes poches de sel pouvant atteindre 40 mètres de diamètres et 25 de profondeur ! Elles ne cessent d’engloutir plages, campings, champs… tout ce qui se trouve sur son passage.

La mer se venge-t-elle ?

Les pays avoisinants, les usines pillent ses richesses naturelles uniques au monde, ils usent et abusent d’elle quotidiennement depuis plusieurs dizaines d’années… bilan : 300 millions de mètres cube d’eau qui s’évapore ! Pourquoi ? Ils l’exploitent pour reverdir le désert du Néguev, irriguer des milliers d’hectares de champs, approvisionner les villes… à ce rythme-là, la mer Morte pourrait bien se retrouver à sec d’ici à 2050… son cas n’est pas unique, nous pourrions citer par exemple la mer d’Aral, qui elle aussi a subi, la culture intensive du coton par l’ex URSS.

Une idée ? Oui, sauver la mer Morte grâce à l’eau de la mer Rouge !

Un projet pharaonique, coûteux… mais il faut AGIR !

Puiser de l’eau dans la mer Rouge pour revitaliser la mer Morte, mais quelle bonne idée ! Le projet semble fou, ahurissant, il inquiète les associations écologistes, mais la Banque mondiale a donné son aval au projet « Red Dead ».

Des années d’études techniques, réalisées par les États-Unis, le Japon et l’Union Européenne ; pour à peu près 12 millions d’euros de travaux. Le projet ? Réaliser un canal de 200 km de long, qui relierait le golf d’Aqaba, dans la mer Rouge, aux rivages de la mer Morte. L’objectif ? Transférer chaque année 1.8 milliard de mètres cube d’eau : la moitié servant à alimenter la Mer Morte, l’autre à approvisionner les pays voisins.

L’opération n’est, bien sûr, pas sans danger, il y a un risque d’infiltration d’eau de mer dans les nappes phréatiques, mais la Banque mondiale pense sincèrement que les impacts peuvent être contrôlés et réduits. Il y a donc un espoir de gommer nos erreurs du passé et rendre à Gaïa son aspect originel !

Pour voyager plus loin :


Par Jessie, le jeudi 21 février 2013

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