Je vous propose aujourd’hui de partir à la découverte d’un peuple peu connu, mais dont l’évocation du simple nom est déjà une invitation au voyage : je vous invite à découvrir les Bédouins. En ouvrant un dictionnaire, on apprend que les Bédouins désignent les nomades d’Afrique du Nord. L’origine du mot vient de l’arabe Bedou désignant « celui qui vit à l’air libre, dans le désert ». Environ 4 millions de Bédouins vivent dans les déserts d’Afrique du Nord.

Les Bédouins dans l’histoire

Les Bédouins descendent des Berbères, les plus anciens habitants d’Afrique du Nord. Berbères est le nom donné par les Romains à ce peuple et signifiant « ceux dont on ne comprend pas la langue ». Les Berbères résistèrent aux différentes invasions subies, d’abord par les Romains, puis par les Vandales et les Byzantins, et enfin par les Arabes. Ces derniers réussirent à arabiser presque tout le peuple berbère. Les Berbères ont été divisés en plusieurs grandes familles : berbère, amazigh, nomade, et bédouine. Peu d’écrits existent à propos de l’histoire des Bédouins. Même si leur ascendance berbère est certaine, des unions matrimoniales avec des Arabes ont élargi les tribus bédouines.

L’histoire et l’origine des ancêtres des Bédouins sont devenues des légendes à force d’être contées autour du feu. Je ne me risquerai pas ici à me subsidier à cette tradition. Dans les écrits historiques, les Bédouins ont parfois eu mauvaise réputation. Un écrivain musulman de l’époque médiévale les surnomma par exemple « loups toujours hurlants ». Il les supposait voleurs et malhonnêtes, sans cesse prêts à détrousser les caravanes. Lors du Protectorat français, Pierre Giffard, reporter pour le Figaro, les décrivit en 1881 comme « voleurs, assassins, pillards, qui ne vivent que de rapines ».

En tant que peuple différent, aux traditions distantes du monde arabe et du monde occidental, les Bédouins furent souvent victimes de racisme et d’incompréhension…

Un mode de vie hors du commun

La société bédouine s’organise sur les liens du sang. Un individu et sa famille directe forment un premier niveau de liens. Puis vient une notion de famille plus élargie, oncles, cousins, …, au delà de laquelle apparaît celle du clan ; et enfin la notion de tribu avec d’éventuelles ramifications, voire de confédération de tribus. Ces vastes réseaux de parenté ont fourni aux Bédouins le soutien communautaire permettant de subvenir aux nécessités de base pour leur survie dans des milieux naturels difficiles. Ces réseaux ont également servi à assurer la sécurité des familles et à protéger leurs biens.

Traditionnellement les dromadaires (avec une seule bosse, à ne pas confondre avec les chameaux à deux bosses) sont les principaux animaux élevés par les Bédouins. Leur physiologie adaptée aux milieux désertiques les rende particulièrement appréciables pour les Bédouins. Les dromadaires peuvent passer 15 jours sans boire… mais savent récupérer en pouvant boire 90 litres en dix minutes à peine ! Les dromadaires sont utilisés comme animaux de monte ou de bât. Les Bédouins en tirent également des ressources telles que la laine et le lait.

De nos jours, seulement 5% des Bédouins d’Afrique de Nord sont encore des nomades vivant d’élevage…

Les Bédouins de Tunisie

Le mode de vie ancestral des Bédouins du sud de la Tunisie est basé sur l’alternance entre activité pastorale à la recherche de pâturages et de points d’eau d’une part, et sédentarisation auprès d’oasis en été et au début de l’automne pour éviter les grosses chaleurs du désert et récolter des dattes d’autre part. Chaque tribu, appelée aussi grande famille, entretient des relations particulières avec certains villages. Ces grandes familles possèdent également des terrains déterminés.

Avec le protectorat français, l’heure du « progrès et de la civilisation » sonna, pour les Arabes de Tunisie comme pour les Bédouins. Progrès certain en terme d’éducation et d’égalité hommes femmes. Progrès plus mitigé en terme environnemental où les grands espaces furent délaissés au profit de terres situées autour des localités, terres aujourd’hui surexploitées.

L’activité touristique constitue désormais une alternative au mode de vie séculaire et permet la valorisation des traditions bédouines et de leurs terres.

Ma rencontre avec les Bédouins

J’ai pour ma part eu la chance de passer un peu de temps en compagnie de Bédouins tunisiens (voir mes articles Le bivouac dans le désert de Tunisie et La rencontre avec le désert tunisien pour comprendre le contexte). J’ai été fascinée par leur douceur, leur accueil et leur sens du partage. J’ai rencontré des hommes fiers de leur culture, sans pour autant être arrogants ou fermés à l’autre. Au contraire. J’ai senti une envie d’échange et d’enrichissement humain au contact de l’autre.

Mohamed, mon hôte du désert, a par exemple passé une partie de la soirée partagée à répondre à mes questions et à m’expliquer les traditions de son peuple. Comme par exemple la manière qu’ont les Bédouins de s’orienter dans le désert grâce aux points d’eau, à la végétation, à la couleur du sable, aux étoiles et aux grandes dunes. Ou encore le fait que les Bédouins croient en les marabouts, ces esprits des hommes saints, qui résident encore dans leur village après leur mort et que les Bédouins viennent consulter quand ils ont besoin de conseils.

Et au moment de le quitter, ce même Mohamed me dit dans un immense sourire « Bien sûr que je vais sur Internet, tous les jours même, si je ne suis pas dans le désert ».

Pour voyager plus loin :


Par Aurélie, le mardi 11 décembre 2012

Vos commentaires

Bonjour, j’ai lu et je dirais bu ce texte, cette transmission, et échange de culture, de coutume, je recherche a faire une expérience dans ce style, ma question est, comment avoir pu vivre ça ? Je m’exprime mal, quel démarche par quel ogn êtes vous passez ?
Merci d’avance à toi :)

votre article ne s’appuie sur aucune donnée historique ou anthropologique mais sur l’image d’Épinal du chameau et du désert .

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