Route 66, Mother Road, ou bien encore Main Street USA, est une route mythique, légendaire, qui symbolise à elle-seule toute la démesure et le gigantisme des États-Unis.

Bien plus qu’une route, un mythe, une légende !

L’histoire et la légende de la Route 66 commencent à l’aube des années 1920. En ce temps là, l’Amérique entrait dans une grande « période de dépression », plus communément appelée « crise de 1929 ». Le creux économique le plus important du siècle dernier : déflation, explosion du chômage, réformes de l’Etat de plus en plus strictes… les États-Unis furent plongés dans le noir le plus complet. Mais, les américains ont une seule et même devise : « aller de l’avant ! » : reconstruire le pays, créer des projets pour redévelopper l’économie !

Il fallait créer une route qui relierait l’Est et l’Ouest des États-Unis.

Cyrus Stevens Avery, un homme d’affaires puissant releva le défi ! Un projet pharaonique auquel plusieurs millions de personnes participèrent. Dix ans de travaux furent nécessaires, pour voir enfin émerger en 1937, la Route 66 et ses 4.000km de long !

Un exploit ! La toute première route transcontinentale goudronnée d’Amérique venait de voir le jour. Une traversée sur 8 états : l’Illinois, le Missouri, le Kansas, l’Oklahoma, le Texas, le Nouveau-Mexique, l’Arizona, et enfin, la Californie.

Tout autour, des paysages de cartes postales

Une route longiligne de 4000 km, bordée de villes gigantesques, de réserves naturelles, de déserts de cactus, de montagnes, l’océan à perte de vue, sans oublier les grands lacs et  les longues rivières. Ceux qui défilaient sur la Route 66, passaient d’un kilomètre à l’autre devant des paysages quasi irréels, des personnages insolites, le contraste était saisissant !

La Route 66, c’était aussi ses motels avec leurs néons de couleurs qui scintillent, ses fast-food à l’enseigne rouge et blanche, ses Juke box, l’époque des barils d’essence à 1$, de l’émergence de la publicité et de la toute-puissance de l’automobile (Fordisme & Taylorisme).

La Route 66, un moteur pour le monde des Arts

La  » Mother road  » constituait un décor mythique pour la chanson, le cinéma ou la littérature. Durant des décennies, la  » Route 66  » inspira grandement le monde des arts, tarissant derrière elle la culture populaire américaine.

Dans la chanson, Charles Trenet interpréta « Nationale 7 », d’autres chantèrent la  » Route 66  » qui devint aussi un classique musical avec  » Get your kicks on route 66 « , écrit par Bobby Troup, reprit plus tard par les Rolling Stones, Depeche Mode… Eddy Mitchell, grand fan des États-Unis, créa également son album  » Frenchy  » avec la chanson « Sur la route 66 ».

La légende de la route 66 continue : elle devient la star du petit écran, avec des films emblématiques, comme  » Easy rider « , en 1968 de Dennis Hopper. La chaine de TV américaine lui consacra même la série « Route 66 », avec près de 120 épisodes, diffusés entre 1960 et 1964. Grâce à celle-ci, le modèle « Chevrolet corvette », devint l’emblème de la  » Route 66 « . Elle était aussi la star inconditionnée du grand écran : « Thelma et Louise » en 1991 de Ridley Scott. L’histoire de deux jeunes femmes qui, lassées de leur existence, s’offrent une escapade qui se transforme brusquement en cavale mortelle à travers les États-Unis.

Sur la route de la renommée

La littérature en a aussi beaucoup parlé : « Les raisins de la colère » de John Steinbeck. Dans un témoignage sociologique poignant, l’auteur prend partie revenant sur la vie difficile des ouvriers et des fermiers de l’Ouest américain pendant la période de Grande Dépression qui, pour fuir la pauvreté s’exilèrent, en passant par la mythique Route 66 !
Il y a également un mouvement qui mit en lumière « l’Amérique populaire » qui borda la Route 66 dans les années 60, je veux bien évidemment parler de la « Beat generation ».

Cinquante ans plus tard… en 1985

Depuis 1985, la légendaire Route 66 n’existe officiellement plus. Elle a progressivement été déclassée, jusqu’à n’être plus qu’un souvenir, ou le témoin d’un autre temps.

Aujourd’hui, elle se résume à des ruines, des panneaux fantômes d’établissements autrefois populaires, des motels abandonnés, des stations-services désaffectées, devenus les icônes d’une Route, qui ne vit désormais plus que dans le cœur des « passionnés nostalgiques ». Le « World Monument Found » a classé la Route 66 parmi les 100 édifices historiques les plus menacés de la planète.

La Route 66 en perte de vitesse… mais pourquoi ?

Des trajets rendus dangereux par l’usure de la route au cours de ces années, mais aussi parce que tout doit aller toujours plus vite. Les quatre voies et les  » highways  » qui contournent les villes et les commerces qui jalonnent la Route 66 séduisent davantage les autorités américaines et ses passants ! Une « révolution technologique » qui entraîne irrévocablement la fin du tourisme pittoresque et local tout le long de la mother road, symbole d’une Amérique anachronique, n’apparaissant désormais plus sur les cartes routières.

On n’oublie pas la Route 66… et on l’a défend toujours !

Ils se nomment les « Sixty-sixters », le club des fervents défenseurs. Ensemble, ils aiment partager leurs souvenirs, leurs photos… d’un temps révolu. Ils sont les témoins privilégiés de cette route légendaire. Dès  les années 90, ils multiplient leurs actions pour préserver cette route de légende, quelques initiatives ont permis de relancer quelque peu le tourisme et rouvrir la porte de quelques enseignes, mais si peu… Les bâtiments et enseignes abandonnés se dégradent et finiront, eux aussi, inévitablement par disparaître…

Pour voyager plus loin :


Par Jessie, le vendredi 1 février 2013

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