Partons aujourd’hui à la découverte d’une des routes les plus mythiques au monde, la Route de la Soie ! Fastes marchés, statues bouddhiques, villes musulmanes du côté des constructions humaines ; montagnes infranchissables ou déserts légendaires, pour les beautés naturelles ou encore Marco Polo ou Ella Maillart pour les fameux explorateurs l’ayant foulée : la Route de la Soie interpelle l’imaginaire de mille manières… essayons de comprendre ce qui se cache derrière le mythe !

Que désigne la Route de la Soie ?

La Route de la Soie est une route commerciale qui relie la Chine à l’Europe, sur plus de 10 000 kilomètres, de la Grande Muraille aux rives de la Méditerranée. On emploierait plus justement le pluriel : ce sont plusieurs voies de communication qui sillonnent l’immense continent eurasiatique et forment les Routes de la Soie.

Ce terme forgé au 19ème siècle par un géographe allemand, vient de la plus précieuse marchandise qui y était transportée, la soie, dont les Chinois ont longtemps étaient les seuls à posséder les secrets de fabrication. Mais comme ce nom ne l’indique pas, la soie ne fut pas le seul bien à y être transporté.

Un peu d’histoire… et de géographie !

Cette route aurait déjà été empruntée au 8ème millénaire avant notre ère, mais le premier récit historique la mentionnant remonte au 2ème siècle avant J.C. côté chinois et au 4ème siècle côté gréco-romain. Au début de notre ère, cette voie devint un courant d’échanges diplomatiques et commerciaux entre la Chine, la Perse et les royaumes situés entre les deux. Entre les 6ème et 8ème siècles le plus gros du commerce réalisé était géré par l’Ouzbékistan, ce qui valut l’enrichissement de cités mythiques comme Samarkand.

La Route de la Soie commence à Xi’an en Chine – même si elle débute parfois à Lanzhou ou Xining, et emprunte le corridor du Gansu, région chinoise située entre le Tibet et la Mongolie. Elle contourne ensuite le désert du Takla-Makan, l’un des plus arides du monde, par la voie du nord ou par celle du sud. À partir de Kachgar et Yarkand, les pistes rejoignent la Perse ou l’Inde à travers les hautes montagnes de l’Asie centrale.

Le trajet principal traverse pas moins de douze pays, d’Est en Ouest : la Chine, le Kirghizistan, le Tadjikistan, l’Ouzbékistan, le Turkménistan, l’Afghanistan, le Pakistan, l’Inde, l’Iran, l’Irak, la Syrie et la Turquie.

Les caravanes marchandes, composées de plusieurs centaines ou milliers d’animaux, prenaient plus d’un an pour relier la Chine à la Perse. Les voyageurs faisaient de longues haltes dans les régions d’Asie centrale, dans les oasis, villes et caravansérails où arrivaient d’autres colonnes de marchands venues d’Iran et du monde arabe. Rares étaient les personnes qui parcouraient l’intégralité du trajet. Les marchandises étaient revendues le long de la route dans ces oasis qui devinrent des centres de commerce très prospères.

La Route de la Soie n’était pas un trajet aisé : la longueur du parcours, les nombreux intermédiaires, les multiples dangers et les rigueurs du climat rendaient le voyage très risqué, la route attirait notamment de nombreux espions et brigands. Elle fut peu à peu délaissée par les européens qui trouvèrent les routes maritimes plus sûres. Au 15ème siècle, la Route de la Soie fut abandonnée.

La mondialisation avant l’heure

Cette route a permis à des peuples extrêmement divers de se rencontrer : Turcs, Perses, Byzantins ou Chinois, pour les plus connus. Elle a aussi permis l’intégration de tribus vivant auparavant de manière isolée.

A la fin de son apogée, la Route de la Soie a contribué à l’établissement du plus grand empire continental de tous les temps : l’Empire des Mongols, avec ses centres politiques répartis sur toute la route (Pékin, Karakorum, Samarkand, Tabriz, Astrakhan…). Cet empire permit l’unification de zones auparavant liées ponctuellement par des rapports commerciaux.

La soie n’était pas seulement un tissu de luxe mais aussi une valeur sûre, telle une monnaie échangeable partout, stockée, et une valeur-refuge.

D’autres marchandises précieuses furent échangées en nombre sur cette route. Citons par exemple : rubis et saphirs de Ceylan, diamants d’Inde, lapis-lazuli du Badakhshan ; mais encore : jade, perles, corail, ambre, ivoire pour les pierres précieuses. La liste se poursuit : tissus de coton, de chanvre et de lin, fourrures ; or, argent et cuivre, sous forme d’objets ou de monnaie ; épices d’Asie – cannelle, poivre et autres ; substances aromatiques, médicinales et à usage religieux – encens, myrrhe, aloès, bdellium, costus, styrax, nard, santal…

Le vénitien Marco Polo (1254-1324) incarne la figure du globe-trotter avant l’heure. Il est le voyageur le plus connu en Occident de la Route de la Soie. Parti pour ouvrir une route commerciale vers l’est, il alla plus loin encore que tout autre voyageur avant lui, jusqu’aux confins de l’Empire Chinois. Proche de Kublai Khan, l’empereur mongol (et petit fils de Ghengis Khan), il devint un personnage important à sa cour. De retour à Venise, vingt-quatre années plus tard, il dicta le récit de ses aventures dans un livre intitulé Le devisement du monde.

L’impact culturel

L’échange majeur qui eut lieu sur cette route se fit au niveau des idées ! Des découvertes chinoises pénètrent ainsi en Occident, comme la  boussole, la poudre à canon, le papier-monnaie ou l’imprimerie.

La Route de la Soie a aussi été très bénéfique à la propagation des religions. L’impact des pensées religieuses et philosophiques de l’Inde, de l’Asie centrale et du Moyen-Orient fut immense tant en Chine que dans les autres pays de l’Asie. Le bouddhisme introduit au début de l’ère chrétienne connut une expansion rapide le long de cette route et de nombreuses grottes et monastères furent construits dans les oasis.

L’islam, au 8ème et 9ème siècles, se servit de la Route de la Soie pour conquérir l’Asie Centrale. Pendant des siècles, différentes religions se développèrent parallèlement. Mais l’expansion de l’islam fut l’un des facteurs dans la disparition des civilisations bouddhiques sur cette route. Au 10ème siècle, l’islam triompha et contrôla de fait le commerce entre l’Orient et l’Occident, dominant ainsi une grande partie de l’économie. Des cités caravanières importantes, comme Boukhara et Samarkand, devinrent des centres islamiques réputés.

Cette vaste gamme d’échanges de marchandises et d’idées, réalisés pendant des centaines d’années sur des milliers de kilomètres, a transformé la Route de la Soie en un mythe, une route légendaire, un univers unique et impénétrable…

Quelques sites ne pas rater en voyageant sur la Route de la Soie

Xi’an, son armée terracotte et son marché musulman, Dunhuang et les sanctuaires de Mogao dite la chapelle Sixtine du bouddhisme, Xiahe et le superbe monastère de Labrang, Turfan et les villes antiques environnantes, Kashgar et son mythique marché. 

Pour voyager plus loin :


Par Aurélie, le jeudi 18 avril 2013

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