Sur les bords de la mer Égée, Éphèse, en Turquie, était l’une des plus anciennes et des plus importantes cités grecques de toute l’Asie Mineure. Elle était surtout connue pour la splendeur de ses sanctuaires, à équivalence du port d’Alexandrie ou de Rome. Éphèse doit sa prospérité à sa situation géographique exceptionnelle, au croisement des routes commerciales reliant l’Asie Mineure jusqu’au bassin méditerranéen. La cité aurait été créée au Xème siècle avant J.C, un prestige qui durera près de       1 400 ans. La métropole antique abritait de splendides centres culturels, le culte d’Artémis et de nombreux vestiges.

Pour qui construisait-on un monument de cette taille ?

A cette époque, les gens étaient-ils fous pour construire un tel monument ? Ils étaient prêts à tout, pour assurer le prestige et la renommée de leur cité, mais surtout pour honorer la déesse protectrice de leur ville.

Fille de Zeus, sœur jumelle d’Apollon, Artémis régnait sur la civilisation grecque. Elle était la déesse de la chasse, de la pureté et de la lune. Cette statue est un chef-d’œuvre, connu dans le monde entier, une sculpture de marbre mesurant près de 2.90 mètres de haut. Sa poitrine est ornée d’étranges grappes : des œufs de poules ? Des testicules de taureaux ? Les théories sont nombreuses, mais la symbolique était bien entendu la fertilité ! Il faut savoir que pour les grecs, Artémis était un personnage aussi important que Marie chez les catholiques.

Cette statue est l’une des rares structures ayant encore aujourd’hui sa coiffe ! Ses caractéristiques sont étonnantes : au sommet, étaient sculptés les murs et les colonnes d’un temple, symbolisant la ville que la déesse protégeait. Les gardiens de ce temple étaient des animaux fantastiques, comme des lions griffons, pas étonnant, Artémis était la déesse de la chasse !

Ce temple fut construit en 550 avant Jésus-Christ, un véritable chef-d’œuvre de l’art ionien. Les marchands grecs et romains avaient l’habitude d’offrir une partie de leurs gains à Artémis. Éphèse était célèbre dans l’Antiquité pour son culte rendu à Artémis, présente dans un temple classé à l’UNESCO parmi les plus belles merveilles du monde. Une chose est sûre, il n’y eut pas dans la Grèce Antique, de monument de cette ampleur : 138 mètres de long, 71.5 mètres de large, entouré de 127 colonnes de marbre de 19,5 mètres de haut… une incroyable construction.

L’Asie entière a mis plus de 220 années à construire ce temple, mais le jeu en valait la chandelle car en plus de sa fonction primaire de temple, il était aussi la « première banque au monde », où il était possible de déposer son argent, et même de le récupérer avec des intérêts !

En 356 avant J.C, un illuminé répondant au nom d’Erostratus, décida d’y mettre feu ! Mais pourquoi ? La célébrité ! Vous avez bien entendu… échec et mat pour Erostratus, une interdiction totale de prononcer son nom dans tout le pays fut déclarée suite à son geste !

L’histoire du Temple d’Artémis ne s’arrêta pas là… il fut incendié sept fois en 10 siècles. Autant vous dire que les architectes furent nombreux : Chersiphron, Théodore de Samos, Metagenès et Dinocratès…

C’est en 399 qu’il fut définitivement détruit, au même titre que tous les autres temples païens sous les deux règnes des empereurs Arcadius et Honorius. Ses pierres furent probablement utilisées pour reconstruire d’autres édifices comme des églises. Comme quoi, rien ne se perd tout se transforme !

Aujourd’hui, vous pourrez retrouver les ruines d’Ephèse près de la ville Turque de Selçuk, à 50 km à peine d’Izmir. Ses vestiges témoignent encore aujourd’hui de sa splendeur d’antan, avec ses boulevards de marbre, ses imposantes colonnades, montrant toute la richesse du monde antique ! A cette époque, on ne reculait devant aucune dépense pour les matériaux utilisés.

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Par Jessie, le mardi 4 juin 2013

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